La survie d'Adèle

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La survie d’Adèle

Débat fort intéressant sur la RTS autour des prochaines élections fédérales. Avec la petite phrase qui tue au détour d’un débat sur les difficultés économiques que rencontrent certaines catégories de personnes. Adèle Thorens, candidate au Conseil des Etats, d’affirmer en cours de débat: «Il faudra un jour que nous ayons le courage de nous attaquer au droit du divorce ».

Après 12 ans passé à Berne, cette déclaration étonne, parce qu’en réalité, Adèle Thorens avait tout loisir d’agir, mais n’a strictement rien fait sur le sujet, comme ses 246 collègues d’ailleurs. Les nombreux problèmes que posent le droit de la famille en Suisse sont connu depuis bien avant que cette élue n’entre à Berne et pour une représentante du parti qui revendique de porter la voix de ceux qui souffrent, l’aveux sonne comme une gifle monumentale contre de nombreux parents divorcés, souvent des pères.

Ce débat a posé de bonnes questions et montré que la Suisse est profondément fracturée, face à une classe politique de plus en plus en apesanteur. Passons sur cette touchante élue fribourgeoise qui a courageusement insisté pour que le monsieur en difficultés économiques majeures retourne en Suisse pour faire ses courses. Passons encore sur la proposition d’augmenter les salaires comme solution absurde proposée pour faire diminuer les coûts de la santé (!?!). Ce que ce débat a montré, c’est l’incapacité de la classe politique à prendre courageusement les problèmes de la population. L’extrême droite rejoue les solutions simplistes usées, la gauche pédale dans le vide et la droite vit sur une autre planète.

On ne répétera jamais assez: la Suisse est le dernier pays de l’OCDE qui ne finance pas son système de santé de manière proportionnelle aux revenus. Qu’un travailleur pauvre paie la même prime qu’un millionnaire de la Paradeplatz est juste choquant. Normalement, dramatiquement simple à comprendre. Mais non, les candidats n’ont juste rien à proposer d’autres qu’augmenter les salaires (une compétences qu’ils n’auront jamais).

Sur les divorces, le droit pose un principe d’égalité (la garde partagée), que les tribunaux refusent d’imposer, alors que trop d’avocats profitent des procédures pour faire tourner leurs études. Les solutions simples existent: forcer la médiation, en fait partie. Comptez le nombre de pères divorcés ruinés par un divorce et affaiblit par la violence d’années de procédures dans le parlement et comparez-le au nombre d’avocats députés. Tout s'éclairera.

La déclaration d’Adèle Thorens a mis en avant l’élément central de l’équation: le courage. Et cet aveux là fait froid dans le dos. L’avenir du parlement est à l’adoption de mesures ambitieuses concernant le climat. Aux vues de ce débat, il est à peu près acquis que ceux qui déjà aujourd’hui souffrent vont être particulièrement mis à contribution. Il n’y a en réalité personne qui porte leurs préoccupations à Berne, malgré les belles déclarations. Ce que fait Adèle Thorens, n’est rien d’autre que de la survie politique, pas vraiment propice aux prises de positions courageuses.

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