Le lourd silence socialiste

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Jeudi soir 13 juin, Temps Présent a consacré un reportage alarmant sur le machisme ambiant parmi les jeunes d’aujourd’hui. De quoi avoir peur, tant il progresse dans les esprits de nos jeunes générations. Hasard du calendrier, mardi dernier, le Conseil municipal de Vernier, commune où une partie du reportage de Temps Présent a été tourné, discutait d’une motion déposée par une élue verte. Ce texte concernait le manque d’appropriation par les jeunes filles de l’espace public. Stupeur. Malgré la majorité de gauche au pouvoir et l’évidence du problème connu et dénoncé depuis des années, le texte a été balayé!

 

Soutenu par son auteure et les élus de l’Alternative pour Vernier -le tout récent regroupement des indépendants, le texte n’a fait qu’une poignée de voix. Pas même le plein de voix vertes. Aucune voix socialiste. A quelques jours de la grève des femmes pour laquelle la gauche se mobilise dans tout le pays, ce vote dérange. Pour preuve, aucun élu socialiste n’a eu le courage d’expliquer la position du premier parti de la deuxième ville du canton. Ce n’est pas la première fois. Le PS de Vernier règne en maître. Quand il se tait, ce n’est jamais bon signe.

Le refus d’un texte militant pour plus d’égalité par la gauche de Vernier est choquant. Une partie du monde politique n’a pas souhaité abordé cette question, même pour soutenir un renvoi pour études en commission municipale. Quel élu de gauche peut avoir décemment peur d’étudier en commission une question d’égalité aussi connue que celle de l’appropriation par tous de l’espace public? Réponse: les socialistes dans leur intégralité. Oui, le parti qui se gargarise d'être le parti de l'égalité et de la défense des petites gens.

La raison du vote socialiste est peut-être simple à comprendre. Ils ont la main à Vernier et ne désirent pas la perdre par pur calcul de politique politicienne. Leurs efforts pour développer un nouvel outil citoyen, le Forum citoyen lancé il y a peu, les portent. Ils y pratiquent l’entrisme via une grande partie de leurs militants. Gare à celui ou celle qui voudrait faire de l’ombre au maître.

Que la ville de Vernier soit secouée par les calculs de la politique politicienne n’est pas nouveau. Le délibératif de cette ville a connu un nombre invraisemblable de départs et quelques scandales qui ont affecté tous les partis. Aujourd’hui, 5 élus, près de 15% des sièges, sont tenus par des indépendants qui ont quittés leurs formations. Le pouvoir, verrouillé par les partis majoritaires, dérive vers des décisions incompréhensibles. Désormais à Vernier, semble régner un loi de la jungle bien peu porteuse de sens pour la défense des intérêts de la population. Et pendant ce temps, le PS se tait. Chuuuuut! Il règne.

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