11/02/2019

L’an vert

Marc Bretton a livré une analyse des Verts dans un éditorial de la TDG qui est intéressant à plus d’un titre. En substance, il notait que la période que nous vivons est plutôt favorable aux Verts mais qu’une actualité favorable ne faisait pas pour autant une victoire politique. Il y ajoutait la nécessité de mener des combats porteurs lors de votations. Un élément capital manque cependant à ce tableau.

 


De justes et populaires combats ne sont pas encore assez. Aujourd’hui, il est encore indispensable qu’une formation politique et ses acteurs respectent une certaine éthique sinon ligne de conduite. Les affaires Maudet, Barazzone, avec son extension à Esther Alder - embarrassantes aussi pour le parti, ont ouvert des plaies béantes entre politiciens et population. Ces affaires ont grandi les lézardes formées par une société qui n'est plus en croissance, mais qui voit ses élites poursuivre comme si de rien n'était. Le raz le bol exprimé en France par une rue qui se drape de jaune montre bien que les démocraties sont vivantes et que les citoyens ne sont plus prêts à accepter un pouvoir politique vivant trop facilement dans sa bulle.

Lorsque les Verts ont été créés, ils devaient se construire une identité et cette dernière est passée par la définition de 5 critères programmatiques: la durabilité , la qualité, la solidarité, la décentralisation et la diversité. Chaque sujet de l’actualité politique était passée au crible de ces cinq critères. De là sortaient les positionnement des Verts. Parfois à gauche et parfois à droite.

Aujourd’hui, on peut regretter que le réflexe de se tourner vers les cinq critères pour définir une politique ne soit pas plus compris de la population. Il est en tous les cas très mal mis en avant par le parti lui-même. Dommage car les cinq critères permettent de définir non seulement un ensemble de positions politiques simples, mais encore des attitudes qui devraient provoquer l’adhésion des militants et élus verts.

Il y avait, chez les Verts des premières années, l’impertinence de sortir avec intelligence d’une logique de ligne politique traditionnelle. Cette dernière, faite de constants calculs de politique politicienne, était remplacée par des réflexions de fonds et portée par une éthique politique, qui, en adhérant à un principe de transparence, avait fait rentrer un grand bol d’air frais dans la politique locale. Reste à savoir ce qu’il demeure de cet esprit des débuts, à un moment où le parti change de génération de leaders.

Etre dans l’ère du temps ou animer le débat politique de sujets porteurs ne suffit vraiment plus aujourd’hui. Dans son essence, le parti des Verts dispose de tous les outils utiles pour briller de nombreux succès électoraux. A condition que les leçons du passé de ce qui a fait le succès des verts ne soit (pas trop) oublié.

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Commentaires

Les "Verts" sont des opportunistes qui blablatent toute la journée! Mais niveau action c'est le degré zéro!

Écrit par : Dominique Degoumois | 11/02/2019

Les Verts ont tendance à se normaliser en devenant dépendant d'une idéologie crée, au lieu de se réinventer au cours des ans et s'adapter aux besoins de la population.
Et de la Nature si mal traitée, les Verts ont oublié le pendant humain. Est-ce qu'un humain fragilisé a assez d'intérêts pour la Nature ?

La "qualité" que vous citez, je suppose que c'est la qualité de vie.
Si c'est le cas, je dirais que les parcs et pistes cyclables ne sont qu'un pansement.
J'espère qu'un jours les Verts auront l'audace de remettre en question l'urbanisme, les constructions horrible, avant le bon moment où il s'agira d'exclure les moteurs à essences des villes.

Les grandes villes qui se forment, créent toujours des lieux de violences si on laisse faire. Il ne faut pas bâtir pour y mettre des gens, il faudrait créer des "villages" dans les villes.
J'espère que rendre les villes à l'humain en les rendant plus humaines deviendra la priorité des Verts. Les pansements sont insuffisant.

L'égalité des salaires et autres sujets de ce genre ne rendra pas les villes plus attirantes, plus agréables.

Écrit par : motus | 11/02/2019

Bonjour

J'ai du mal à lire votre blog en tant qu'habitant des Vergers à Meyrin.

Monsieur le conseiller administratif vert de notre commune à créer un quartier bétonné avec plein de problèmes, mais il n'écoute pas et pense qu'il est le meilleur.

Il a mis une route devant l'école uniquement et ne veut pas mettre de patrouilleurs car c'est une zone 20... alors que la ligne droite de 500 M est propice aux accélérations.

Il n'y a pas de bornes pour voitures électriques et pas de mobility.

L'école a été construite pour la moitié du quartier et elle a été rendue hors délais. De plus des enfants vont être déplacés de leurs classes pour faire place aux enfants de la codha proche de la gauche.

L'urbanisme des trois tours a été fait à la ça vite et aucunement réfléchi. Il n'y a l'as eu de parois antibruit qui ont été planifiées et pourtant on savait qu'il y aurait du traffic avec la route de Meyrin et les frontaliers.

En tout cas je suis pour l'engagement des verts pour le climat mais je ne voterais plus jamais pour eux vu l'incompétence au pouvoir au niveau urbanisme du vert en question.

Écrit par : Habitant des Vergers | 11/02/2019

OUI des vergers bétonnés c'est assez tendance chez les "verts", comme la place Simon-Goulart, où les feuilles morts sont aussi en béton!

Écrit par : Dominique Degoumois | 11/02/2019

Le problème des verts c'est que dès qu'ils font de la politique ils deviennent rouges et perdent leur crédibilité.

Écrit par : norbert maendly | 12/02/2019

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