14/05/2018

La 2e massue

L’insertion professionnelle des personnes de plus de 50 ans devient un des problèmes épineux de notre société. L’enquête réalisée par la Tribune de Genève est très révélatrice d’une Suisse qui ne comprend pas les changements. Parmi les solutions évoquées, celle d’allouer des allocations. Et si on commençait par diminuer les coûts de cette employabilité via le 2e pilier?

Dans la Suisse mythique des Trente Glorieuses, un employé entrait dans un entreprise et n’y ressortait qu’à la retraite. Tout le système des retraites est basé sur ce mythe. L’une des mécaniques les plus perverses, car invisible, est celle des prélèvements sociaux. Plus un employé vieillit, plus la part de ses cotisations sociales pour alimenter le 2e pilier augmente. Elle s’échelonne de 7 à 18%. Du simple à plus du double.

Vouloir allouer des allocations à un cinquantenaire qui ne retrouve pas d’emploi est louable, mais il serait peut-être plus judicieux de commencer par adapter une mécanique des prélèvements qui ne correspond plus à nos réalités et qui dirige les entreprises naturellement vers les plus jeunes. Certes, des cotisations allégées pour les jeunes employés sont utiles pour favoriser l’embauche de ces travailleurs, mais il semble désormais qu’il serait tout aussi utile de les plafonner rapidement, voire de les faire baisser également pour les travailleurs à partir de 50 ans.

Aujourd’hui, la progression des cotisations 2e pilier lié à l’âge d’un employé ne correspond plus à aucune logique. Une entreprise est par là freinée à l’embauche de travailleurs âgés, dont les coûts salariaux sont parfois bien plus élevés que ceux de jeunes travailleurs.

Il semble urgent que la Suisse adapte ce système de progressivité des prélèvements du 2e pilier et que les cotisations soient uniformisées. Aujourd’hui, le 2 pilier s’avère plutôt être, pour les travailleurs de plus de 50 ans, comme un coup de massue à double effet. Un employé expérimenté coûte cher par un salaire tenant compte de cette expérience, mais encore ponctionné proportionnellement bien plus fortement que le salaire d'un jeune employé. A modifier au plus vite.

 

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Commentaires

En effet, il va falloir trouver des solutions très pragmatiques, puisqu'on manque déjà de personnel qualifié !

https://www.tdg.ch/suisse/grave-penurie-maind-uvre-menace-suisse/story/22662397

"Au mois d’avril, le taux de chômage en Suisse s’est en effet établi à 2,7%, contre 3,2% en 2017. Mieux: toutes les branches, toutes les tranches d’âge – y compris celle des plus de 50 ans – et tous les cantons (mis à part Appenzell Rhodes-Intérieures) connaissent un recul, parfois important, du nombre de sans-emploi sur un an (voir l’infographie)."

Écrit par : Calendula | 15/05/2018

Bravo ! Enfin quelqu'un qui met le doigt sur LE problème.
On peut d'ailleurs se demander pourquoi les prélèvements sociaux augmentent avec l'âge.
D'ailleurs la situation est la même en France. Par conséquent on pourra attendre longtemps pour que nos politiques bougent le petit doigt.

Écrit par : Lambert | 15/05/2018

Puisque vous parlez de l'emploi des seniors, et vous avez raison de le faire, j'aimerais être convaincu qu'alors que notre journal nous annonce une pénurie de main-d'oeuvre en suisse, tout est fait pour insérer les jeunes sans emploi.
Je n'ai jamais eu connaissance d'une seul article de journal qui s'adresse à eux de manière générale, en leur proposant une entrevue sérieuse sur leurs capacités et leurs désirs, avec l'idée d'éventuellement d'organiser, directement ou indirectement une formation adaptée, avec une prise en charge directe ou indirecte, qui reviendrait, me semble-t-il pas plus cher que de les laisser dans la rue, vivre aux crochets de leurs parents ou d'amis, se débrouiller avec des trafics ou tout autre substitut qui ne remplaceront jamais la satisfaction d'une insertion par un travail qui donne le sentiment d'être utile à la société et à soi-même.
Je suis désolé de devoir l'écrire, mais je connais un jeune qui entre dans cette catégorie et s'est vu recalé d'un travail qui lui plaisait pour le vois remplacer par un jeune français qui coûtait moins cher.

Écrit par : Mère-Grand | 15/05/2018

Il semble qu'à 38 ans il y a déjà des problèmes!!!!!

Écrit par : Dominique Degoumois | 15/05/2018

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