06/04/2018

Pour régler le problème de représentation femmes - hommes

Comme à chaque campagne depuis quelques temps, l’éternel problème de la juste représentation des femmes et des hommes au sein des instances politiques suscite une pluie de débats, commentaires, idées plus ou moins farfelues, propositions plus au moins opportunistes, professions de foi et autre soliloques parfois indigestes. Quelle n’a pas été ma surprise d’entendre de la bouche même d’une candidate de la liste femmes, intervenant à Vernier dans le cadre de la journée du 8 mars, une réticence à l’établissement de quotas, arguant qu’il faudrait alors en créer pour les jeunes, vieux, handicapés, etc. Argument aussi usé qu’absurde, puisque la population masculine ou féminine ne représente ni l’une ni l’autre une minorité. Au contraire de tous les autres groupes cités.


Souhaitant faire avancer la question, plusieurs listes se sont lancées dans l’exercice de la parité parmi leurs candidat-e-s et cela depuis plusieurs mandats. Même si cela a effectivement permis un petit hoquet dont ces partis ce gaussent, il faut bien admettre le résultat d’ensemble décevant. Les récentes attaques politiques, qui étonnamment pleuvent plus facilement sur les femmes politiques que leurs homologues masculins, montrent que la stratégie adoptée par quelques partis courageux n’a que peu d’effet sur l’ensemble.

Même la très intéressant liste femme adopte dans cette campagne un positionnement décevant. En refusant d’être qualifiée de « parti », alors qu’elle en a toutes les formes et, au delà du quorum, qu’il serait heureux qu’elle en adopte le sens, ses membres tentent de se démarquer là où il serait plus clair qu’elles assument jusqu’au bout une démarche politique. Le Canada Dry politique de la liste femme déçoit donc en s’arrêtant devant la ligne.

Il existe pourtant une solution simple pour régler définitivement la question de la bonne représentation des femmes et des hommes dans le parlement. Etonnamment, personne ne la porte. En considérant que le parlement doit être un miroir de la société et que cette dernière est composée de 50% d’hommes et de 50% de femmes, il suffirait d’élire 50 hommes et 50 femmes, siégeant ensemble dans un Grand Conseil de 100 député-e-s. Même système électoral qu’actuellement, mais décompte des voix séparé. Avec ce système, les listes d'hommes ou de femmes auraient toutes leurs places, et la question des quotas n'aurait plus de sens.

Ce changement fondamental heurte par sa simplicité. Sa mise en place ne demanderait pas de grands travaux législatifs. Quelques décisions à prendre sur les voix résiduelles. Pourtant, l'encéphalogramme de cette solution là est plat. Et dans 5 ans, sans doute, un même débat animés par les mêmes et inutiles gesticulations.

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Commentaires

Le vrai problème n'est pas la représentation dans un rapport hommes / femmes, mais la représentation sociale.
Entre un avocat homme et femme, l'approche des problèmes est la même. Par contre ce ne serait pas le cas entre un avocat et un mécanicien.

En politique, on y voit beaucoup de paysans, d'avocats, d'enseignant, et ils ne représentent vraiment pas le corps social dans sa majorité.

Écrit par : motus | 07/04/2018

Mon pauvre monsieur Perroux, vous avez un bon siècle de retard dans les idées : vous oubliez les LGBT...Il n'y a pas d'hommes et de femmes, puisque nous choisissons notre genre...

Écrit par : Géo | 07/04/2018

En Belgique le parti
"Islam" veut séparer les hommes et les femmes dans les transports publics, à chacun sa juste répartition ...

Écrit par : norbert maendly | 07/04/2018

"En considérant que le parlement doit être un miroir de la société et que cette dernière est composée de 50% d’hommes et de 50% de femmes, il suffirait d’élire 50 hommes et 50 femmes," (Olivier Perroux)


Ce qui revient à dire que dans notre monde ultra-libéral, les hommes et les femmes forment des classes sociales distinctes.

Une question qui me vient comme ça, comment les départager quand les deux classes revendiquent chacune le titre de classe prolétarienne révolutionnaire ?


"En Belgique le parti "Islam" veut séparer les hommes et les femmes dans les transports publics, à chacun sa juste répartition ..." (norbert maendly)

Excellente cette idée de transport public. J'aime beaucoup.

Au lieu de considérer le parlement (comme le Grand Conseil de Genève) comme une maison ou un restaurant où l'on s'assoit pour y manger, ce qu'il faut, c'est le considérer comme un transport public, par exemple un grand bus TPG, dans lequel on monte à un arrêt, et duquel on descend à un autre.

Et pour perdre le moins de temps aux arrêts, un contrôleur pour placer les femmes à droite et les hommes à gauche.

Écrit par : Chuck Jones | 07/04/2018

L'égalité représentative 50% député et 50% députée ne tient pas car les femmes ont toujours été majoritaires dans le canton, donc 51% députée et 49% député. Il faudrait aussi tenir compte de l'age et de la situation sociale car les vieux mâles blancs riches sont surreprésentés.
Pour ma part, je préfère la solution démocratique avec le tirage au sort des citoyens en remplacement de l'élection parmi le choix d'associations politiques.

Écrit par : Steve Roeck | 08/04/2018

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