29/05/2017

Youpi, on supprime des bus

Voilà donc qu’un nouvel aménagement routier a été installé à Lancy pour une bouche de pain. Quelques bornes flexibles chargées de rappeler à l’automobiliste pressé que la voie de droite de cette artère qui en compte quatre, est réservée aux bus sur quelques centaines de mètres. Les premiers bilans sont positifs. Très. Alors Genève déborde de ces réactions étranges, possible nul part ailleurs. La palme revient à celle très officielle, qui conclut que grâce à ces aménagements, il va être possible de supprimer…. des bus!

 


Suivons le raisonnement: les nouveaux aménagements permettent aux bus de mieux circuler. Alors ces bus transportent plus de personnes car ils ont gagnés 4 minutes sur le parcours. Dès lors, pour transporter le même nombre de personnes, il est possible de supprimer des bus.

A l’envers des tendances de mobilité, Genève inaugure une nouvelle politique. Créer des aménagements pour faciliter la circulation des bus afin d’en supprimer. A quand un prix pour un raisonnement aussi crétin?

En réalité, cette politique n'est pas nouvelle. Des décennies durant, ce qui a plombé le développement des transports publics à Genève est le voeux pieusement répété de certains que ce service public devait être rentable. Un raisonnement qui a été moteur dans le démembrement du réseau de tramways, initié dès les années 1920. Il avait fallu plus d'un siècle pour enfin sortir de cette logique et voir les transports publics se développer à la hauteur des ambitions du canton. Un seul vote aura tout annulé.

Bien sûr, ce qui est en jeu c’est l’ornière dans lequel le canton est tombé avec l’inscription du tarif TPG dans la loi par voie d’initiative. Depuis, c’est toute la politique des transports qui marche sur la tête. Là où les transports publics devraient augmenter le nombre de personnes transportées, d’ailleurs le voeux électoraliste des initiants, Genève augmente la vitesse commerciale avec pour objectif de pouvoir supprimer des bus. Heureusement que le ridicule ne tue pas…

 

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Commentaires

Bonjour,

Permettez-moi de corriger une inexactitude :

"Bien sûr, ce qui est en jeu c’est l’ornière dans lequel le canton est tombé avec l’inscription du tarif TPG dans la constitution par voie d’initiative."

Les tarifs ne sont pas inscrits dans la Constitution, mais dans la loi (Initiative législative - LTPG). Dans tous les cas cela reste tout de même une ornière. Les tarifs n'ont en effet rien à faire dans une loi !
Pour le reste, je suis en accord avec vous.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 30/05/2017

Olivier

Il est important de préciser pour la bonne compréhension du lecteur, que quand les TPG proposent de supprimer un bus sur les lignes 22 et/ou 23 grâce au gain de temps du parcours, l'usager ne voit pas la différence, il aura toujours un bus toutes les 15 minutes aux heures creuses et 10 minutes aux heures de pointe sur ces 2 lignes.

Maintenant sur ton idée de ne pas supprimer ce bus "gagné" mais de l'injecter sur le réseau pour augmenter l'offre et donc implicitement réduire le temps d'attente entre chaque bus, je ne suis pas convaincu.

Sur les lignes 22 et 23, le temps d'un parcours aller-retour est de l'ordre d'une heure trente (90 minutes) pauses comprises aux terminus. Rajouter un bus aux heures creuses permettrait de passer d'une cadence actuelle de 15 minutes (avec un horaire cadencé) à un bus toutes les 13 minutes mais cette fois avec un horaire différent à chaque heure. Un gain de cadence pas évident et une confusion dans les horaires.

Si les bus 22 et 23 étaient plein à craquer aux heures creuses, l'ajout d'un bus pourrait permettre effectivement plus de place car l'offre augmenterait. Mais quand dans ce bus il y a actuellement 15 ou 20 personnes, d'augmenter le nombre de bus revient à passer à 12 à 17 personnes par bus... et l'avantage pour le client/usager n'est pas manifeste, il reste dans les 2 cas des places assises de libre.

Et pour l'environnement ce bus "de plus" qui fait à chaque aller-retour 25km, soit 150km par jour sur 9h, soit environ 50'000 km par an, c'est une source de pollution pour un gain manifestement pas prépondérant dans l'offre de ces 2 lignes TPG.

De plus à court terme, le chauffeur "libéré" par ce bus supprimé sera à disposition pour les remplacements et une meilleure gestion des horaires dont les chauffeurs se plaignent depuis des années en raison de sous effectif (qui sont en train d'être augmentés progressivement).

Amicalement

Écrit par : Philippe CALAME | 30/05/2017

Bonjour. Quid du réseau TPG-UNIRESO dans son entier: pourquoi ne pas parler de supprimer quelques uns des bus-doubles assurant les liaisons dites "transfrontalières" débordant jusqu'à Gex pour le 01, déployées outre-mesures dans le 74 (petites rues de toutes communes françaises dans un large rayon, bien que non-limitrophes desservies!),
dont l'exploitation à des cadences (10-15mn) sont surprenantes, inconnues des usagers français sur leur propre réseau (leurs rares lignes passent, quand leurs bus passent, à des cadences de 45mn/h à 1h30 en heures de pointe!),

ainsi que l'absence d'usagers français (4-6 passagers en heures de pointe) plongent les comptes, au taux d'occupation par exemple, égal à celui de l'ancien train reliant la gare d'Annemasse-Thonon-Evian à la gare des Eaux-Vives, démoli au bénéfice de l'actuel CEVA

Sachant par ailleurs que les surcoûts à faire payer à l'usager TPG comprennent également les honoraires à payer au maire de St Julien, siégeant au Conseil d'Administration des TPG, sachant que les contribuables genevois ont déjà du payer des honoraires au même sieur siégeant au Conseil d'Administration des HUG.

Saison électorale oblige. On est sur une question de transparence dans les objectifs, et de volonté du politique responsable de la gestion des tâches régaliennes, de cette République et Canton de Genève.
Je proposais ces éléments à réflexion. Merci.

Écrit par : divergente | 30/05/2017

Chaque fois que je lis une prise de position sur la mobilité dans notre canton je soupire.
C'est la guerre perpétuelle entre deux fronts inconciliables dont les mesures ne font qu'accentuer les désaccords. Nous sommes loin du consensus suisse qui fait pourtant des miracles à Zürich.
J'encourage tous ceux qui sont actifs sur ce dossier de visiter la plus grande ville de Suisse pour vérifier que le meilleur moyen de favoriser la fluidité, et donc la vitesse commerciale des transport publics, consiste à supprimer les barrières artificielles destinées à décourager l'usage des transports individuels motorisés et pacifier les divers acteurs.
La logique des sites propres, comme à la rue de Carouge, qui a engendré la fermeture des rues Mazbou et Dizerens est l'exemple à ne pas suivre. La Servette est devenue une zone sinistrée que les taxis n'empruntent plus alors que c'est un axe majeur. A ZH, les voies de trams sont délimitées par des lignes interrompues qui permettent de rejoindre toutes les petites transversales et même de faire un tour sur route. Seuls les tronçons proches des arrêts sont délimités.
Il faut impérativement sortir de la logique de confrontation si nous voulons espérer retrouver un peu de fluidité dans notre ville. Permettre à chacun de choisir, comme la constitution nous le garantit, le meilleur mode en fonction de nos besoins. Nous aurons alors certainement la surprise de constater que, lorsque le choix est librement consentit, nombreux seront ceux qui opteront pour le transfert modal.

Écrit par : Pierre Jenni | 01/06/2017

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