24/03/2017

Blog ouvert

Le 8 mars dernier, jour du droit des femmes, a été publié ici un texte provocateur sur les situations inégalitaires que le droit de la famille suisse rend possible au détriment des hommes. Ce texte a provoqué de nombreuses réactions, de toutes natures. Il a finalement été retiré parce qu’il contenait une formulation équivoque, laissant entendre que toutes les féministes soutenaient de tels abus, ce qui n’était pas l’intention. Ce qui n’est pas le cas.


Le problème que la Suisse a aujourd’hui sur ce sujet, c’est que ceux qui dénoncent un droit mal ficelé sont essentiellement des hommes, alors que les femmes qui n’en pensent pas moins restent muettes, très discrètes, ou alors pour ne dénoncer que les inégalités qui touchent les femmes. Dans les années 1990, sévissaient les mines antipersonnel, des armes inhumaines qui finiront par être interdites. A l’époque, ceux qui militaient dans la campagne internationale d'interdiction scrutaient le paysage médiatique, plus précisément le jour où un militaire de haut rang en exercice se prononcerait contre les mines. Ce jour, n’est jamais venu.

Il faut un sacré courage pour prendre publiquement position contre quelque chose qui peut être identifié comme son propre combat ou ses propres intérêts. C’est pourtant lorsque que l’espèce humaine va à l’encontre de ce que dicte son cerveau reptilien qu’elle progresse. Toute l’écologie se nourrit de cette logique.

Le site féministe ActuElles.ch explique notamment que le féministe « travaille à construire de nouveaux rapports sociaux et développe des outils propres à la défense des droits des femmes et de leurs acquis. » Difficile dès lors d’imaginer que la lutte pour un droit de la famille plus égalitaire dans le sens d’une atténuation de certaines inégalités touchant les hommes reçoivent facilement une adhésion de ces milieux, qui pourtant luttent pour l’égalité. D’où les nombreuses remarques me renvoyant aux associations de pères. Jamais je n’entrerai dans une logique de confrontations des genres.

Il y a un exemple spectaculaire dans l’Histoire, d’une personnalité qui a pris un risque. En avril 1993, Chris Hani, second personnage le plus populaire chez les noirs d’Afrique du Sud après Nelson Mandela était assassiné devant chez lui. Des émeutes se réveillaient un peu partout. Alors que le pays était à nouveau au bord du gouffre, Nelson Mandela a fait une allocution télévisée. Il a dénoncé ce meurtre, en félicitant la femme blanche, d’origine afrikaner, qui a permis au péril de sa vie l’arrestation des meurtriers. Le risque était immense, mais les analystes s’entendent pour dire que c’est à ce moment précis que Mandela est devenu, une année avant son élection, le vrai président du pays.

Afin de passer de la parole aux actes, je conclurai ce billet par cet appel: le modeste espace d’expression qu’est blog est ouvert à toute personne se définissant comme militant-e féministe pour expliquer son point de vue sur le sujet complexe et délicat du droit de la famille. La formulation est double, mais un texte rédigé par une femme sera privilégié.

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