03/02/2017

Rétropédalage salissant

Depuis une semaine, la France est secouée par des soupçons d’emplois fictifs qui touchent le candidat officiel de la droite, François Fillon. Maintenant que le robinet est ouvert, le flot de révélations envahit l’hexagone. Aujourd’hui, Fillon a perdu la présidentielle et il n’est qu’une question de temps de savoir quand il l’admettra, de gré ou de force. Par la voix des urnes ou de son propre appareil politique.

 


En 2012, Slate avait publié un article rigolo où un journaliste sportif avait recalculé les classements des Tours de France, en excluant de ce classement les sportifs dopés. La palme était revenu à l’édition 2005, où il avait fallu remonter au 29e du classement général pour connaître le nom des dix premiers coureurs de cette édition jamais tombés dans le dopage. 

Aujourd’hui, la droite française n’est pas mieux barrée. Si Fillon tombe, le second à la primaire est un ancien condamné pour les affaires de feu l’UMP. Quand au troisième, ancien président, il a plusieurs affaires judiciaires pendantes. Le parti, s’il veut tenir la ligne « main propre », serait tenu de s’en remettre à la 4e des primaires, NKM, qui n’a récolté que des poussières voix. Quand à justifier le recours à un candidat providentiel qui n’a pas participé aux primaires, le parti devra surtout expliquer pourquoi il substitue un candidat issu du processus démocratique des primaires par un autre issu de l’appareil politique, trempant jusqu’au cou dans les magouilles. On a pas fini de rire.

Sur le plan des affaires, le FN ne tire même pas son épingle du jeu. Voilà sa candidate en confrontation ouverte avec le parlement européen pour une affaire présumée d’emploi tout aussi fictif. Joueurs, les journalistes de Mediapart en rajoutent une couche, en démontrant via une enquête auprès de tous les élus des 3 grandes formations, que les élus frontistes sont de loin les plus concernés par les affaires judiciaires. 15% des élus du FN ont eu maille à partir avec la justice, contre seulement 3 % des Républicains et 2% des socialistes. Moche pour un parti qui se présente comme propre.

Pendant les primaires de la droite, le message que François Hollande salissait la fonction présidentielle était martelé sur tous les médias. Force aujourd’hui de constater qu’en dehors d’une histoire de scooter, le président sortant fait figure de très petit joueur. 

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Commentaires

Et vous, tout bien considéré, vous n'avez jamais eu affaire à la loi ? Allez, allez, souvenez-vous. Non ? Bien sûr ?

Vous voulez des purs, des chevaliers blancs pour diriger un état ? Diable, mais quelle drôle d'idée .....

Écrit par : Chevalier blanc | 03/02/2017

@chevalier blanc: Si. La première fois à la justice militaire pour objection. La dernière fois pour payer des pensions alimentaires. Cela étant vous m'avez mal lu. Je ne demande pas des élus blancs, je remarque uniquement un hiatus entre un discours qui affirme que les politiciens sont tous pourris et une réalité différente.

Écrit par : Olivier | 03/02/2017

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