22/01/2017

Ventôse

Valls s’est fait giflé. Le lendemain, un auditeur lui affirmait en direct à la radio que les Français étaient « 66 millions à vouloir la lui mettre ». Quelques heures encore après, une enseignante française révoltée et très active sur la toile, Tatiana Ventôse, en remettait une couche. Dans une video de 3 minutes bourrée d’incohérences, cette ex membre active au sein des instances du parti de Mélenchon, dégoutée de la politique depuis, mitraille son Premier Ministre dans une diatribe bien ficelée.


La video de l’enseignante (https://www.youtube.com/watch?v=jN5_WmNeHL4) est un muesli qui jette dans le bol ,pêle-mêle, une caissière de supermarché virée parce qu’elle s’est retrouvée enceinte, le très sadique Joffrey Baratheon (tout droit tiré d’une série américaine), auquel est assimilé Valls, le mouvement nuit debout, une pointe de légitimation de la violence qui sent bon le léninisme, pour conclure que le Premier ministre doit s’estimé « heureux que ça n’ait pas été pire ».

En désignant le Premier Ministre comme responsable de tous les malheurs possible qui touchent les Français, le message ressemble plus à celui d’une indignée de salon qu’à autre chose. Ainsi donc le Premier Ministre français a un pouvoir immense, et tel Joffrey Baratheon, qui se complait à faire souffrir, il l’utilise pour nuire. Le giffler, dans la logique de Tatiana Ventôse, est en conclusion une bonne chose, voire, il mériterait plus.

Ventôse. Le mois révolutionnaire de mars. Celui des giboulées, du vent glacé, bref des ultimes sursauts de l’hiver avant le printemps. 

Il sont beaucoup chez nos voisins à penser comme cette enseignante. C’est peut-être là le plus problématique. Parce que dans ce message, il y a non-seulement de la haine, mais surtout l’illusion que le meilleur n’est pas dans la démocratie. Tout cela sans rien proposer évidemment.

Louis XVI est tombé pendant une révolution longue de 10 ans. Il personnifiait un pouvoir absolu, de droit divin, injuste, inique, créateur de misères, etc. Se comparer aujourd’hui aux révolutionnaires de 1789 pour dégommer ceux qui ont été démocratiquement élus est bien curieux.

La baffe qu’a prise Valls en amènera d’autres car un tabou a été brisé et suscite la compassion, sinon l’admiration pour son auteur, de beaucoup de monde. Sans doute, d’autres gestes encore plus graves contre des candidats à une élection démocratique seront pratiqués, autant sur ceux de gauche que de droite. Aucun bénéfice n’est à attendre de cette « chienlit », sinon pour tout ceux qui s’y complaisent. Les petits Louis XVI, opportunément silencieux, attendent leurs jours. Ils n’ont rien à faire ou à dire. Un boulevard se construit tout seul devant eux.

 

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Commentaires

@courageux anonyme. Votre commentaire ne sera pas publié, étant donné son contenu insultant. Généralement j'en averti par mail les personnes qui postent ces commentaires mais comme il n'y en avait pas, je le fais ici.
Vous m'interpellez sur la violence du grand capital, laissant entendre que Valls et moi-même soutenons les disparités causées par les abus du libéralisme. Soit. En passant, le jeune qui a frappé Valls a accompagné son geste d'une formule pro-bretonne, qui n'avait rien à voir avec le grand capital ou les souffrances du chômage que vous évoquez également. Mais bon, c'est la gifle qui compte uniquement pour vous.
La démocratie implique un "vol par les urnes". Vous pouvez proposer un autre système de gouvernement et le défendre, mais vouloir le faire par la force (ma référence au léninisme) me semble une curieuse manière. Surtout lorsque cela n'est pas assumé. La démocratie "imposée" par les docteurs de la foi (et de la langue) me semble bien plus dangereuse que le système actuel.
Le sempiternel refrain de la violence telle ou telle qui est pire que telle ou telle autre n'est pas recevable à mes yeux.Il n'y a pour moi aucune violence légitime. Le libéralisme économique provoque une violence sociale que je dénonce régulièrement. D'ailleurs vous semblez me lire de manière bien sélective.
A noter que vos attaques personnelles me laisse froid.

Écrit par : olivier | 22/01/2017

Bonjour,
je me dois de réagir à votre post.
En effet, vous dénigrez une personne, que je ne connais pas et vous le faites en détournant le message de cette même personne; mon opinion est que c'est déloyal.
Si l'on veut être respecté, je crois qu'il vaut mieux être loyal.

A mon sens, cette personne exprime surtout le fait que l'état (Valls en particulier) incarne la violence légalisée et on fait tout un plat avec la giffle à Valls. Ne pouvez-vous concevoir que le pauvre chien qui reçoit le bâton tout les jours ne se retourne contre ses maîtres? C'est ça, la giffle de Valls, c'est un symptôme, et au lieu de condamner l'acte, on pourrait être inspiré de comprendre pourquoi. "Quand le maître montre la lune..." Condamner cette femme pour "apologie de la violence" sans considérer la violence du 49.3 faite au peuple ne me semble pas très juste, non?

Je pense personnellement que la France n'est pas une démocratie, tout simplement.
Dans une véritable démocratie, c'est le peuple qui choisit les candidats en lice parmi tous les citoyens. Personne ne se présente. Et la carrière politique n'existe pas.

Bonne journée.
salutations
Michel

Écrit par : Michel | 23/01/2017

@Michel: merci pour votre commentaire. Si je suis votre raisonnement, aucun état sur la planète n'est une véritable démocratie. C'est bien le sens du rousseauiste vol par les urnes. Dans un monde idéal vous avez raison. Est-ce vraiment praticable dans la réalité d'un état comme la France?

Valls incarne plein de choses pour plein de monde. Du moment où les mécontents en viennent aux mains, il faut le dénoncer. Si chaque personne qui se sent victime de violence(s) se fait justice par une autre violence qu'il estime légitime, où va-t-on? Aucun élu ne pourrait travailler sereinement dans de telles conditions et s'en serait fini de la démocratie. On entrerait dans une loi de la jungle qui, je pense, ne serait en tout cas pas à l'avantage des populations vulnérables.

Écrit par : olivier | 23/01/2017

Bonjour Monsieur,

Votre billet ne me choque pas particulièrement.
Je n'ai pas lu les commentaires de cette Institutrice.
Mais vous les rapportez. Ils ne me choquent pas non plus...
Ouvrier retraité (72 ans) je touche comme beaucoup de Français une
retraite faible.Comme beaucoup de Français j'ai souffert
de la politique de remise en question des acquis sociaux.Je continue
d'en souffrir au sens propre,étant classé invalide après 40 ans de travail.
Je ne pleurniche pas.Mais se soigner devient très difficile,et de plus en plus de malades sérieux renoncent à des soins qu'ils ne peuvent plus payer.
J'ai voté en 2012 pour François Hollande.J'ai,nous avons le sentiment d'avoir été roulés au profit des classes dominantes.Le chômage,la pauvreté,et la grande pauvreté ,ont augmenté dans de très grandes proportions.La richesse d'une minorité de plus en plus réduite aussi.N'est-ce pas là une violence ?
Personne ne voulait de cette loi dite "travail".Nous avons vu la population se révolter contre elle et le 49/3 de Monsieur Valls pour "la faire passer".N'est-ce pas là un déni de démocratie? Qu'est-ce donc sinon une autre violence ? Vous souvenez-vous de la violence utilisée contre des personnes âgées qui manifestaient pacifiquement ? J'ai beaucoup d'admiration pour Gandhi - je ne suis pas le seul dans ce pays - mais je ne possède pas ses qualités, ni celles du christ...Quand on me gifle,je n'ai pas le réflexe de tendre l'autre joue.Et quand ce sont des coups de poings,quand j'étais jeune je répondais à la violence par la violence , pour me défendre.Que m'a-t-on appris pendant mon service militaire ( c'est loin !)pour défendre une démocratie à laquelle je ne crois plus, tout en espérant son avènement? À tuer pour ne pas être tué...Violence ou non ?
Oui,moi aussi,pendant cette période de manifestations de défenses légitimes de l'été j'étais de tout cœur avec mes compatriotes dans la rue.Oui,dans mon for intérieur j'ai traité Valls de tous les noms d'oiseaux que je connais,et ai même éprouvé de la haine pour lui...Ce n'est pas bien ? Non, au calme devant son bureau ce n'est pas
bien...Mais dans la vraie vie ? Peut-on continuer indéfiniment à subir des violences sans réagir ? Je n'ai pas de réponse "rationnelle" si ce mot à un sens...
J'appartiens humblement à " l'Humaine condition " avec ses zones d'ombre et de lumière.
En toute cordialité.
Daniel Caussieu.

Écrit par : caussieu | 30/01/2017

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