31/12/2016

Schwaab: L'égalité oui, mais pas trop quand même

Ainsi donc Jean-Christophe Schwaab se place en défenseur de la réforme du droit de la famille qui entre en vigueur en 2017 en déclarant que «quand on a des enfants, il faut s’assurer qu’ils aient une vie digne. Toute cette révision est centrée sur leur intérêt.» Que de belles paroles. Seulement voilà, comme souvent, la Suisse ne place aucune limite supérieure à cette dignité. Bienvenue dans le monde de la gauche caviar. Ce qui est amené à préserver les plus bas revenus peut avoir pour la classe moyenne supérieure des effets pervers chez le parent contributeur, souvent le père.


Le droit n’a pas attendu Schwaab pour placer l’intérêt de l’enfant au centre des préoccupations lors de séparation ou de divorce. Et c’est tant mieux. D’autant utile que les situations de précarité touchant les mères vivant seule avec leurs enfants sont hélas courantes. Seulement voilà. Deux problèmes au moins demeurent.

Le premier est que les minimums vitaux, calculés sur une base fédérale, sont dramatiquement bas. Pour une personne seule, 1’200 francs mensuels, hors santé et logement. Disons-le clairement: Dans une ville réputée chère comme Genève, ce sont d’abord ces minimums qui créent de la précarité, tant chez les mères que chez les pères. Les mères concernées sont celles à bas revenus. Les pères concernés sont ceux à bas, moyens voir bons revenus. Augmenter ces minimum, au moins pour les adapter à la situation du lieu de vie serait une première mesure très simple à prendre. Qu’attend-on?

Le second est que la Suisse place une fois de plus le fric comme référent universel. Schwaab, comme beaucoup, imaginent que le fric fera l’enfant heureux, entendons par là à l’intérêt préservé. Et tout cela sans aucun droit de regard du contributeur sur l’affectation des pensions versées. Cette logique postule qu’il est préférable de voir un père précarisé qu’un enfant vivant avec un peu moins. Peut-être, mais avec quelles conséquences pour sa vie future?

Cette réforme du droit de la famille va déboucher ces prochains mois sur toute une construction de jurisprudence. Le temps seul nous dira ce qui en ressortira. Je reste cependant persuadé que tant que la Suisse ne réformera pas en profondeur son droit de la famille le système générera trop de précarité inutile. Cette réforme devrait se baser notamment sur le principe que chaque mère, chaque père et chaque enfant a droit à une égale dignité. Rien de bien révolutionnaire, sinon une application d'une principe d'égalité.

Finalement, Schwaab ne fait que confirmer cette dérive des combats concernant l’égalité. Il défend l’égalité, mais semble bien incapable de l’appliquer dans les faits. Paroles, paroles, paroles.

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Commentaires

Merci Monsieur pour cet article intéressant. Ayant rencontré plusieurs parents confrontés aux services de protection de l'enfant (cantons de Genève, Neuchâtel et Vaud), je constate que ces services appliquent souvent les lois de façon incompréhensible. Ces services sont trop puissants et les parents ne peuvent pas se défendre. Cela crée des solutions non adaptées et en plus des démarches administratives et juridiques qui durent des années ...

Écrit par : Michèle Herzog | 31/12/2016

Excellent billet !

Écrit par : lovejoie | 02/01/2017

En réponse à Madame Herzog si je peux me permettre , savoir prendre les bonnes décisions quand on a des supérieurs Socialistes qui sont de vrais pétochards utilisant la peur pour mieux influencer leur jeune électorat !
Vous avez déjà vu un service qui perdure dans le temps avec ces gens là qui font partie des Champions toutes catégories des éternelles réformes ?excepté les interdits et leurs reproches à l'égard des citoyens qui d'après eux gaspillent trop ,faut pas rêver c'est un parti auquel on est nombreux à ne plus faire confiance
C'est un parti de technocrates qui n'ont que les y'a ka et autres
turpitudes en bouche
Quand a ces jeunes travaillant dans ces services ils le disent tous ,on nous change de département et ensuite il n'y a personne pour nous orienter
Ce qui ne va pas s'améliorer quand on sait de nombre d'anciens cadres qui vont partir en retraite
C'est pas grave répondront certains qui n'y connaissent rien en matière de social, y'a les logiciels et il faudrait faire confiance à des technologies ,c'est pas marqué bêtes de somme à vie dans le dos des citoyens !
Toute bonne année 2017 pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 02/01/2017

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