30/07/2014

Dieu bénisse l’Afrique

Alors que la Suisse se cherche un nouvel hymne suite au concours lancé par la Société Suisse d'Utilité Publique (SSUP), voyageons un peu pour voir ce qui se fait ailleurs. Les cas de deux pays me semblent intéressants.


L’Australie compte un hymne officiel, « Advance Australia fair »et un autre officieux, « Waltzing Matilda». Le premier chante les louanges d’un pays jeune, richement doté par la nature et tourné vers le futur. Le second raconte l’histoire d’un journalier qui braconne et qui meurt en fuyant la police. La mélodie du second et son histoire sont tellement populaires que tout Australien connaît cette chanson.

On a bien essayé de faire de « Waltzing Mathilda » l’hymne officiel, mais les paroles ne convenaient pas et leur modification fut abandonnée. Pourtant, régulièrement et surtout lors de manifestations sportives, c’est bien Waltzing Mathilda que la foule des supporters entonne, et non l’hymne national.

En Afrique Australe, c’est également la mélodie d’un chant tabou qui s’est répandue dans les esprits. «Nkosi Sikelel' iAfrika» est une chanson du début du XXe siècle. Adoptée par l’ANC pour être «son» hymne, elle a été longtemps interdite par le régime d’apartheid. Qui l’entonnait en public risquait la prison.

« Nkosi Sikelel' iAfrika » a été successivement les hymnes de la Zambie, de la Tanzanie, temporairement du Zimbabwe et de la Namibie. Depuis 1994, il est l’un des deux hymnes nationaux d’Afrique du Sud.

Ses paroles ? une prière, bien loin de sillons abreuvés de sang. « Dieu bénisse l’Afrique et ses enfants, puisse son esprit s’élever vers les cieux, Dieu bénisse notre nation, qu’il supprime toute guerre et toute souffrance ».

Vouloir créer de toutes pièces un hymne est une idée intéressante. L’alchimie entre une mélodie et des paroles, hélas, ne se commande pas. Tous les jurys du monde, tous les sondages, comités et autre aréopages ne pourront jamais créer sur commande une adhésion populaire qui parle avec les tripes.

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